Un livre engagé et passionné sur Jésus

l’Evangile,
la Foi, l’Eglise.

Pendant le confinement, j’ai lu un petit livre intitulé « L’affaire Jésus » écrit par Henri Guillemin en 1982.

Celui-ci né en 1903, décédé en 1992, passé par l’Ecole Normale Supérieure, universitaire, professeur, conférencier, critique littéraire, fut proche des idées du Sillon de Marc Sangnier dans sa jeunesse. Très critique, protestataire même vis-à-vis de l’Eglise qu’il juge et condamne de façon souvent excessive, il était sincèrement et profondément croyant. Il cite souvent dans cet ouvrage des auteurs neutres ou même incroyants. Il admire Jeanne-d’Arc, Jean-Jacques Rousseau, Victor-Hugo, Lamartine, Jaurès, mais n’aime pas du tout Voltaire, Vigny, Bonaparte, Benjamin Constant – Jules Roy écrit de lui « Curieux homme, extrêmement vivant et intelligent, nourrissant la haine du conformisme, tout attaché d’ambassade qu’il soit, sensible, drôle, généreux ».

Laissons Henri Guillemin présenter son volume :

« En fin de parcours (forcément, septuagénaire avancé), j’ai voulu dire, une bonne fois, brièvement mais clairement, ma pensée sur ce Nazaréen dont le passage parmi les hommes (d’Occident tout au moins) n’aura pas été sans conséquence. Dans ces pages, en somme, l’aboutissement d’un demi-siècle – et plus – de lectures, réflexions, ruminations, d’expériences aussi. Je me risque dans l’espoir d’aider peut-être quelques esprits – de jeunes esprits surtout – guettés par la tentation, trop explicable, de l’ « à quoi bon ». C’est ma seule justification. »

Quelques questions abordées par l’auteur :

Les Evangiles

Après les avoir beaucoup étudiés et constaté des divergences entre les évangiles, l’auteur écrit « Les convergences l’emportent, et de beaucoup, sur les divergences et la moisson reste considérable de ce qui, dans nos évangiles, revêt une valeur d’histoire ».

Il voit trois obstacles à la Foi et à l’Eglise d’aujourd’hui :

Le passé et l’histoire de l’Eglise

Evoquant entre autres, les compromissions de l’Eglise avec la richesse et le pouvoir, les papes débauchés de la Renaissance, les persécutions des hérétiques, il écrit : « Combien l’Eglise – j’entends la hiérarchie, les autorités, les responsables – ont à demander pardon, tant ils ont offert aux hommes une image défigurée de la Bonne Nouvelle ! Nécessité absolue pour elle de se « convertir », oui, de redevenir enfin ce qu’elle doit être, ce qu’elle fut dans l’intention de son fondateur ».

La doctrine de l’Eglise,

ses dogmes, sa théologie,

sa tradition

Il les appelle « l’idéologie surajoutée au message »… On peut les trouver parfois compliqués et obscurs et sa morale parfois loin de la vie réelle des gens. Il ajoute « Dans le dernier texte que Mgr Riobé, évêque d’Orléans, publia avant sa mort accidentelle, ce courageux évêque souhaitait que nous sachions « nous délivrer de nos formules exsangues et de nos abstractions. »

La présence du merveilleux

dans l’histoire de Jésus

Tout en faisant la part des choses au sujet des miracles, Henri Guillemin est très affirmatif à propos de la Résurrection « Je répète qu’il n’est pas possible d’expliquer la métamorphose des disciples hier écrasés, éperdus et soudain fous de joie et d’élan, qu’il est impossible d’expliquer ce fait irrécusable sans recourir à l’intervention de cette autre fait irrécusable, qu’une certitude les emplissait et les jetait en avant : la certitude d’avoir retrouvé vivant, celui qu’ils avaient vu mourir. Et j’avoue que j’aurais beaucoup de mal à me représenter Pierre sous les traits d’un affabulateur ou d’un mythomane lorsqu’à Césarée, chez le centurion Corneille, parlant de Jésus après la tragédie du Golgotha, il raconte calmement « nous avons mangé et bu avec lui. »

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