L’engagement du métier d’infirmière en milieu rural

Emilie et Clotilde exercent leur métier en rural depuis 15 ans pour l’une et 10 ans pour l’autre. Elles se sont associées afin de gérer un territoire géographique, de s’organiser et ainsi pouvoir exercer cette vocation, par une écoute permanente, un rapport à l’être humain qui implique la considération de l’autre. Ces infirmières aiment le contact humain et dans l’évolution de leur métier, « elles doivent se débrouiller » dans des situations diverses qui dépassent le domaine du soin. Elles sont de plus en plus ce lien de vie et ce maillon essentiel.

Il faut trois années d’études pour apprendre à devenir infirmière, puis deux ou trois années de pratiques en milieu hospitalier… et plus d’une carrière pour tout comprendre du métier !

Alors, quand devient-on Infirmière ? Est-ce le jour du diplôme ? Où est-ce le jour où nous sommes confrontées à la mort par le décès d’un patient ? Ou le jour où par expérience on apprend à se « blinder » ?

La réponse est dans tous ces question-nements !

Les années d’études sont primordiales par l’enseignement des professeurs, médecins, corps médical et par les stages. Ces deux années passées en milieu hospitalier sont aussi très importantes. Nous y apprenons la pratique, la technicité, les gestes, les dosages. L’écoute et l’observation, ce sont les autres soignants qui nous les transmettent.

Soigner… C’est bien sûr de la technique, mais aussi de la psychologie et de l’attention, qui font que la personne est au coeur de chaque contact, de chaque geste et de chaque intervention.

Soigner… C’est aussi savoir préserver la pudeur du patient, c’est connaître son environnement et ses attentes. C’est être attentif et sensible à son regard, à sa voix pour mesurer son état du moment.

Soigner… C’est être proche et aimer l’«autre», c’est-à-dire considérer son patient comme un être humain.

Dans notre métier d’infirmière, il y a cette valeur fondamentale et naturelle de respect de l’être humain et d’être à son écoute. S’il n’y a pas ces valeurs, alors il n’y a pas de métier d’infirmière ! Chaque être est unique.

« Une bonne soignante est celle qui
arrive à différencier l’empathie et le
partage. Tu peux être très touchée
pour ce qui arrive à ton patient, mais
garde en mémoire que la vie des gens,
ce n’est pas la tienne ».
Citation tirée du livre « Charline »

En milieu rural, compte-tenu de l’évolution de la société et de la vie sociale, des services de santé, de la diminution des médecins généralistes et parfois même l’absence de médecins, ce que nous appelons les « déserts médicaux », c’est l’hôpital et le service des urgences ou le « 15 » qui sont les premiers contacts dans l’urgence. Les visites à domicile des médecins sont devenues très limitées et parfois inexistantes.

Alors, nous, les infirmières, notre métier fait place de plus en plus à ce lien humain et social, car nous sommes amenées à gérer des situations au quotidien qui ne sont pas que du domaine du soin, mais du « Bien-être » du patient et nous sommes aussi le lien avec les médecins des hôpitaux, les médecins généralistes ou les pharmaciens ainsi qu’avec tous les corps de métier de la santé.

Nous sommes là au quotidien, 7 jours sur 7, en aménageant nos semaines de travail, en assurant les soins et aussi en veillant à l’environnement du patient alité ou en difficulté de se déplacer… et de faire le lien, quand cela est possible, avec les familles ou les gens de confiance.

De plus en plus, nous sommes amenées à gérer les personnes dans leur globalité, en prenant en compte le médical et le social.

Nous aimons notre métier, car nous avons comme motivation et objectif personnel de maintenir les personnes chez elles, de les soigner, de les rassurer et de leur apporter cette sécurité dont elles ont besoin.

Cette année, avec le virus COVID, notre travail est devenu plus difficile, plus dur, car nous avons été confrontées à cette absence de matériels… et cependant il fallait aller au contact en prenant des risques !

Car nous aussi, nous avons nos familles, nos enfants, notre mari, nos amis… et pas question de baisser les bras !

Il est bien difficile de résumer la vie d’une infirmière en milieu rural, mais l’expérience et le témoignage de ces deux infirmières, nous apportent ces éléments pour comprendre cet « ENGAGEMENT » personnel et mesurer ainsi l’importance de la relation à « l’autre ».

Certes ces infirmières peuvent avoir des doléances, surtout dans cette situation Covid, car il y a un manque de reconnaissance morale et financière… mais cependant elles expliquent leur métier et leur vocation : « l’amour de l’autre au sens noble du mot autre, est au coeur de leur métier et de leurs motivations ».

Alors le Renouveau, dans ce thème général « engagement et responsabilités » est heureux de témoigner sur cette vie des infirmières qui ne baissent pas les bras, car elles ont cette vitalité et cet enthousiasme naturels. Sachons reconnaître leur travail et leurs valeurs humaines et professionnelles et apportons-leur la considération et la reconnaissance dont elles ont besoin pour exercer ce beau métier et aussi donner envie aux jeunes de faire ce métier !

Merci Emilie et Clotilde pour votre engagement et pour votre sens des responsabilités.

Ch.D.

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